2014 à Bordeaux, un vrai millésime d’amateurs

L’Union des Grands Crus de Bordeaux, qui fédère les châteaux du classement de 1855, présentait cette semaine à Paris le millésime 2014 dont les premières bouteilles sont livrées depuis quelques jours chez les amateurs. La dégustation des vins en bouteilles a permis de se forger une idée précise des atouts et des points faibles des 2014 entrevus lors de la campagne des primeurs. 


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Des conditions climatiques compliquées… 

Le printemps et l’été 2014 ont laissé présager le pire. Le froid, la pluie et son cortège de calamités associées au mauvais temps dans le Bordelais ont eu les conséquences attendues : faible maturité, mildiou et autres maladies cryptogamiques. Il a fallu attendre le début du mois de septembre pour que la région retrouve enfin du soleil et ses couleurs. Cette météo miraculeusement clémente s’est maintenue jusqu’à la fin des vendanges, permettant de « faire le millésime » selon la formule consacrée. Globalement, ce sont donc des raisins sains et mûrs qui ont été récoltés.

 

Des impressions contrastées durant les primeurs

On ne le dira jamais assez, l’immensité du vignoble bordelais et la diversité des cépages autorisent de grands écarts qualitatifs, au sein d’un même millésime. Une constatation qui s’est vérifiée durant la campagne des primeurs, organisée par l’Union au printemps 2015. Encore traumatisés par l’avant-saison calamiteuse, les propriétaires se réjouissaient d’être passés à côté de la catastrophe… qu’ils n’avaient pu éviter en 2013. Effectivement, le Merlot, capable de murir rapidement par temps sec et chaud se révélait prometteur. Les Cabernets, bien plus tardifs que les Merlots semblaient s’en tirer honnêtement, sans toutefois produire des vins d’anthologie.

Marchands et journalistes dressaient donc le portrait d’un élève passable, échappant au redoublement mais bien loin des prix d’excellence que furent les 1982 ou les 2010.

 

L’année de Saint-Émilion

Globalement, les blancs de Pessac-Léognan ne brillent guère par leur concentration ou leur profondeur. Les vins sont plutôt légers, un peu dilués, exception faite du Château Pape-Clément qui livre un 2014 éblouissant, aromatique, floral, équilibré, avec beaucoup de gras et de distinction tout comme les Haut-Brion blancs qui sont plutôt bien notés.

Les rouges sont légers, fins, et pour les plus réussis, élégants. Dans le style, le Château de Fieuzal brille d’élégance et de précision, Carbonnieux et Haut-Bailly s’en tirent très honorablement.

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L’appellation la plus homogène et la plus convaincante est sans aucun doute Saint-Émilion. Depuis 2012, le tournant œnologique amorcé Rive Droite semble se confirmer : beaucoup moins d’extraction, beaucoup moins de barrique neuve, une expression plus « accessible » du fruit. Le Château La Dominique livre un vin équilibré, charnu. Dans le même esprit, le Château la Gaffelière se distingue par son fruité pulpeux. Plus nerveux, mais tout aussi prometteurs, Le Clos Fourtet et le Château Troplong Mondot se distinguent par leur très grande élégance.

Pomerol, l’appellation voisine convainc un peu moins, la maturité n’étant pas toujours au rendez-vous. On retiendra toutefois la qualité des vins du Château La Conseillante et la très belle réussite de Château Gazin.

 

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La Rive Gauche parfois décevante

Malgré de belles réussites, principalement chez les Premiers et Deuxièmes Crus, Margaux déçoit. Le Château Dauzac continue sa remontée et signe un vin techniquement irréprochable. Rauzan-Ségla concentre les qualités spécifiques aux 2014 médocains : nervosité et tension, précision du fruit.

Comme bien souvent, les vins de Saint-Julien présentent une grande cohérence : expressifs, déjà séduisants bien que manquant un peu de concentration pour rivaliser avec les grands millésimes de la décennie précédente. Le Château Gruaud Larose sort du lot, magnifié par des vinifications et un élevage remarquable. Léoville Poyferré, Léoville Langoa et Léoville Barton sont déjà bien en place.

À Pauillac, c’est encore du côté des Premiers et des Deuxièmes Crus qu’on trouve les plus belles réussites. Les vins sont convaincants dès à présent et sauront vieillir. À Pauillac comme à Saint-Estèphe, le millésime plaira aux buveurs, à l’instar des 2001 qui se sont révélés à table, grâce au travail des sommeliers.

 

Acheter ou pas ?

Il y a incontestablement de magnifiques réussites, que tout amateur de bordeaux se doit d’acquérir absolument, notamment à Saint-Émilion. Plus généralement, le millésime 2014 se révèle dès à présent comme un solide investissement. D’une part, le très faible millésime 2013 lui fait un piédestal très flatteur sur le plan qualitatif ; d’autre part, les prix, tirés par le bas par les 2013 et sensiblement inférieurs à ceux des 2015, font donc des 2014 le compromis idéal : pas mauvais du tout, pas trop cher, pas trop spéculatif…  Et, au regard des vins dégustés cette semaine, on aura dans quelques années de très belles surprises à l’ouverture des bouteilles.

 

Live-Ex a compilé les notes des principaux critiques dans un schéma révélateur : 

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